Le féminisme, une affaire de droite ou de gauche?

By asfep
Le féminisme est, depuis ses origines, associé à la gauche, et assimilé à une force politique dangereuse pour l’ordre établi. Dès le début du siècle, les socialistes ont inclus l’égalité des sexes dans leur programme. Cependant les radicaux, par crainte du “péril clérical”, se sont montrés hostiles au droit de vote des femmes et ont exercé un blocage déterminant, jusqu’à l’ultime débat sur l’accès des femmes au droit de vote, en 1944. Rappelons qu’au début du siècle l’Eglise perd du terrain en France, alors que les femmes, elles, en gagnent. Plus récemment, c’est bien la gauche, et plus particulièrement le parti socialiste, qui en 1982 demande une ébauche de loi sur la parité. Enfin, c’est toujours le parti communiste qui féminise le plus ses listes électorales.
Cependant, la droite a quand même lutté, moins souvent certes, pour notre cause. Souvenons-nous de Simone Veil (UDF) qui en 1975 légalise l’avortement. Il faut tout de même nuancer le fait que la gauche regroupe les mouvements féministes. Premièrement, la plupart du temps, les mouvements sont apolitiques. Deuxièmement, la gauche a longtemps considéré ces mouvements comme bourgeois, et interdisait à ses militantes de militer pour la cause ouvrière et pour la cause féministe. De ce fait,  la SFIO et le PC considéraient la lutte des femmes comme secondaire, mais importante.
Aussi, les anarchistes réfutent les mouvements féministes, car ils les voient comme puritains et bourgeois (encore et toujours), du fait du combat contre la pornographie etc.
Par contre, l’extrême droite est, elle, clairement antiféministe (anti-tout d’ailleurs), elle associe, avec d’autres facteurs, le féminisme aux maux de la société actuelle.
Donc, l’antiféminisme brouille les frontières politiques. Mais il est juste, selon nous, d’affirmer que le féminisme est l’affaire du “parti du mouvement”, l’opposant à l’ordre établi et au conservatisme.

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