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Comme énoncé dans un précédent article, la France est restée relativement patriarcale*, contrairement à ses voisins européens. Si la tendance commence à se nuancer, elle reflète néanmoins une évolution lente des normes* et des valeurs* de la société.Nous sommes tout de même le premier pays à instaurer des mesures coercitives pour laisser une place aux femmes dans la vie politique. Fichtre! Alors pourquoi en arrive-t-on à des mesures coercitives ?
Peut-être parce que la théorie d’Emile Durkheim (1858-1917) n’a pas fonctionné. Selon ce père de la sociologie, les lois qui existent sont le reflet des moeurs. Ainsi les lois découleraient de la conscience collective et des pratiques sociales. Durkheim* dit même “les moeurs ne peuvent être que la base du droit et le désaccord n’est que de l’ordre de l’exception”. Voila, nous y sommes ! La France est l’exception… Cette fameuse spécificité française! La loi sur la parité a pour but de forcer les mentalités à évoluer. Cette loi est le fruit d’une minorité, d’une culture dominante, qui veut forcer la culture populaire à évoluer. Il se crée, donc, un conflit entre les normes sociales et les normes juridiques. Les normes sociales veulent influer sur les normes juridiques et vice versa. C’est pourquoi certains partis n’hésitent pas à payer de lourdes amendes, car il ne respectent pas la loi sur la parité. Ainsi aux législatives de 2002, l’UMP a payé plus de 4.264 millions d’euros d’amende, le PS 1.651 million et le PCF seulement 124 139 euros. Ces constations rejoignent ce que nous vous déclarions dans l’article “le féminisme, une affaire de droite ou de gauche ?”, dans le sens où le PCF est “plus féministe”. Par ces amendes, on remarque que la loi n’entraine pas automatiquement un changement de moeurs, et que la loi sur la parité est en parti un échec. Le peuple est toujours souverain !
Aussi, on remarque un “antiféminisme ordinaire*” qui montre que la culture populaire, légèrement misogyne, évolue difficilement. On pense aux catalogues de jouets, où le cadeau idéal pour la fille est une cuisinière et pour le garçon un établi. Dès la socialisation primaire, les enfants sont initiés à un système inégalitaire
On pense également quand on parle d’antiféminisme ordinaire aux remarques discrètes presque anodines, comme celles à l’encontre de Ségolène Royal. La langue française fait aussi partie de cet antiféminisme ordinaire. Il existe une distinction à l’état civil entre une femme mariée célibataire, qui n’existe pas pour les hommes. De plus, rappelons que la féminisation des noms de métier peut parfois être perçue comme ridicule. Par exemple, certains fonctionnaires du Conseil d’Etat ont le grade de “maîtres des requêtes”, et bien on aurait difficilement vu des femmes s’appelaient “maîtresses des requêtes”. Enfin, les médias véhiculent souvent, implicitement des remarques misogynes. La France n’a donc pas tout à fait passé le cap du patriarcat. Si cette désuétude contribue à son charme, cela reste un défi que nous devons relever ensemble ! |
mars 2, 2008 à 3:23
C’est vrai que les moeurs devraient evoluer.