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Avant de s’attaquer à l’antiféministe, il serait bon de définir le féministe.C’est Alexandre Dumas (fils) qui a utilisé le mot “féministe” le premier, dans un pamphlet à la fin du XIXème siècle. Un féministe était un sujet qui souffrait d’une féminisation pathologique. Autant dire, que “féministe” allait devenir un terme péjoratif. Cette définition souligne néanmoins la peur principale des antiféministes, à savoir l’indifférenciation des sexes. Le député radical Lafagette dira, d’ailleurs, en 1925 “le féminisme, c’est à dire cette confusion des sexes qui tend non plus à l’équivalence des genres*, mais à leurs identités. Cette peur est renforcée par la mode vestimentaire des années 20-30: la Garçonne. Cette mode est incarnée en partie par des homosexuelles.
Le matriarcat caricaturé, ou les conséquences de l’émancipation de la femme
Ainsi la lesbophobie et l’antiféminisme vont se rejoindre, et on vaconsidérer unanimement le féminisme comme contre-nature et immoral.On accuse les féministes d’être responsables du désordre des moeurs. Ces dernier prônent, en effet, au début du siècle la stérilité volontaire: le droit à la femme de disposer de son corps… Comme, à l’époque, l’évolution du rôle* de la femme est rapide, quelques soient les genres, et que la France connaît un grave déclin démographique, les antiféministes tentent d’enrayer ces nouvelles idées. Cependant, si l’antiféminisme est synonyme d’angoisses réelles, on peut se demander s’il est uniquement identitaire ? |
Archive de la catégorie «3. Les femmes prises dans un étau»
L’antiféminisme, une crise identitaire?
mars 2, 2008La société française, une société sexiste?
mars 2, 2008|
Pour ne pas tomber dans les accusations gratuites, prenons un exemple concret : Les Etablissements publics de coopération intercommunales (EPCI):
On constate ici, que 56.1% des EPCI, regroupant moins de 5 000 habitants, ont comme directrice administrative une femme. Alors que seulement 4% des EPCI regroupant plus de 200 000 habitants ont une femme comme directrice. Le constat est clair : plus les EPCI sont importantes, moins il y a de femmes à leur tête. Pour Janine Mossuz-Lavau, cela est du au fait que « dans les petites structures où le poste de direction administrative implique un travail d’administration générale et de secrétariat, on fait volontiers de la place aux femmes », alors que quand les tâches deviennent politiques ou se tournent vers le management, on fait appel au « sexe fort ». Le seul, le vrai, l’unique!
Si on s’attarde un peu plus sur le tableau, on remarque que la part de femmes présidentes pour les EPCI oscille toujours entre 3% et 6% environ. La femme n’a donc pas l’honneur d’avoir les honneurs…Il est, nous l’admettons, exagéré de dire que la France est sexiste. Comme tous les pays du sud de l’Europe, la culture est légèrement machiste. Et nous bénéficions aussi de la culture gréco-latine, où la place de la femme est Ô combien enviable : au gynece ! La France a également derrière elle un long passé rural qui a beaucoup influencé la politique. En effet, on sait que le Sénat a longtemps été conservateur car majoritairement élu dans les milieux reculés, ruraux, parfois sceptiques faces aux nouvelles idées. Il n’est pas nécessaire de préciser qu’à 6 reprises le Sénat a refusé de voter la proposition de loi en faveur du vote féminin, alors que l’Assemblée nationale avait voté majoritairement pour, dans les années 1930. C’est la raison pour laquelle depuis quelques années, nous soutenons les diverses lois qui visent à faire évoluer ces mentalités très françaises, d’un autre temps, semble-t-il. |
Nos amis les hommes ont dit. . .
mars 2, 2008|
Petit retour en arrière sur les elections présidentielles de 2007… l’opposition finale entre Nicolas Sarkozy et (quelle grande surprise) Ségolène Royal! Sans considérer son appartenance politique, voici enfin une femme qui a les capacités de rivaliser avec un homme et qui est à deux doigts de devenir présidente de la République! Oh quel beau symbole: une image féminine à la tête de la France, du jamais vu ! Mais voilà dans tout débat, il y a des opposants… et dans ce débat opposant en l’occurence un homme à une femme, les échanges et les remarques n’ont pas été uniquement a but politique (malheureusement l’instinct machiste prend le dessus quoi qu’on fasse!). Voici donc quelques “perles” de nos amis les hommes à ce propos:
Conclusion: notre femme candidate à la présidence est une mauvaise mère qui abandonne sa famille, superficielle de surcroit, soumise à son mari et qui ne sait pas mener une politique aboutie… Ajoutons cependant que toutes insultes à caractère sexiste est puni par la loi grâce à l’amendement que les associations féministes et anti-homophobes ont obtenu en décembre 2004. |
C’est un fait: les femmes s’engagent moins facilement que les hommes en politique…
mars 2, 2008Une évolution des normes et valeurs difficile
mars 2, 2008|
Comme énoncé dans un précédent article, la France est restée relativement patriarcale*, contrairement à ses voisins européens. Si la tendance commence à se nuancer, elle reflète néanmoins une évolution lente des normes* et des valeurs* de la société.Nous sommes tout de même le premier pays à instaurer des mesures coercitives pour laisser une place aux femmes dans la vie politique. Fichtre! Alors pourquoi en arrive-t-on à des mesures coercitives ?
Peut-être parce que la théorie d’Emile Durkheim (1858-1917) n’a pas fonctionné. Selon ce père de la sociologie, les lois qui existent sont le reflet des moeurs. Ainsi les lois découleraient de la conscience collective et des pratiques sociales. Durkheim* dit même “les moeurs ne peuvent être que la base du droit et le désaccord n’est que de l’ordre de l’exception”. Voila, nous y sommes ! La France est l’exception… Cette fameuse spécificité française! La loi sur la parité a pour but de forcer les mentalités à évoluer. Cette loi est le fruit d’une minorité, d’une culture dominante, qui veut forcer la culture populaire à évoluer. Il se crée, donc, un conflit entre les normes sociales et les normes juridiques. Les normes sociales veulent influer sur les normes juridiques et vice versa. C’est pourquoi certains partis n’hésitent pas à payer de lourdes amendes, car il ne respectent pas la loi sur la parité. Ainsi aux législatives de 2002, l’UMP a payé plus de 4.264 millions d’euros d’amende, le PS 1.651 million et le PCF seulement 124 139 euros. Ces constations rejoignent ce que nous vous déclarions dans l’article “le féminisme, une affaire de droite ou de gauche ?”, dans le sens où le PCF est “plus féministe”. Par ces amendes, on remarque que la loi n’entraine pas automatiquement un changement de moeurs, et que la loi sur la parité est en parti un échec. Le peuple est toujours souverain !
Aussi, on remarque un “antiféminisme ordinaire*” qui montre que la culture populaire, légèrement misogyne, évolue difficilement. On pense aux catalogues de jouets, où le cadeau idéal pour la fille est une cuisinière et pour le garçon un établi. Dès la socialisation primaire, les enfants sont initiés à un système inégalitaire
On pense également quand on parle d’antiféminisme ordinaire aux remarques discrètes presque anodines, comme celles à l’encontre de Ségolène Royal. La langue française fait aussi partie de cet antiféminisme ordinaire. Il existe une distinction à l’état civil entre une femme mariée célibataire, qui n’existe pas pour les hommes. De plus, rappelons que la féminisation des noms de métier peut parfois être perçue comme ridicule. Par exemple, certains fonctionnaires du Conseil d’Etat ont le grade de “maîtres des requêtes”, et bien on aurait difficilement vu des femmes s’appelaient “maîtresses des requêtes”. Enfin, les médias véhiculent souvent, implicitement des remarques misogynes. La France n’a donc pas tout à fait passé le cap du patriarcat. Si cette désuétude contribue à son charme, cela reste un défi que nous devons relever ensemble ! |